Stress et angoisses : quand l’actualité pèse sur notre corps et notre équilibre émotionnel


Nous traversons une période dans laquelle il peut être difficile de se sentir pleinement serein.e
L’actualité, les incertitudes économiques, les tensions internationales, les inquiétudes concernant l’avenir, le pouvoir d’achat ou encore celui de nos enfants…
Autant de sujets qui peuvent occuper nos pensées, parfois même lorsque nous essayons de nous en détacher.
Il suffit parfois d’allumer la télévision, de consulter les réseaux sociaux ou de discuter avec notre entourage pour que l’inquiétude revienne.
Chez certaines personnes, cela se traduit par des pensées incessantes.
Chez d’autres, par des difficultés à dormir, une fatigue persistante, des tensions musculaires ou cette sensation étrange de ne jamais réussir à relâcher complètement la pression.
Et si nous prenions un instant pour comprendre ce qui se joue en nous ?
Non pas pour ignorer la réalité du monde, mais pour apprendre à mieux vivre avec ce que nous ne maîtrisons pas.
Une anxiété ambiante qui trouve un écho dans les chiffres
Le stress et l’anxiété ne sont pas des phénomènes nouveaux.
Pourtant, ils occupent une place importante dans les préoccupations de santé publique.
Les données de Santé publique France permettent de mieux comprendre cette réalité.
Selon le Baromètre de Santé publique France 2024, publié à partir des données recueillies auprès des adultes, 6,3 % des personnes âgées de 18 à 79 ans ont présenté un trouble anxieux généralisé au cours des douze derniers mois. Sur la même période, 15,6 % ont connu un épisode dépressif caractérisé. Par ailleurs, 33,1 % ont déclaré des difficultés d’insomnie.
Ces chiffres ne signifient pas que toutes ces situations sont directement provoquées par l’actualité ou le contexte anxiogène. Les causes des troubles psychiques sont multiples : événements de vie, difficultés personnelles, contexte professionnel, précarité, isolement ou vulnérabilités individuelles.
Ils montrent néanmoins que la souffrance psychique et les difficultés de sommeil concernent une part importante de la population.
L’étude souligne également que les jeunes adultes, les femmes et les personnes confrontées à la précarité ou à l’isolement sont particulièrement concernés par certains troubles anxieux.
Derrière ces données, il y a des personnes qui essaient de continuer à travailler, à élever leurs enfants, à prendre soin de leurs proches et à avancer dans leur quotidien, parfois avec une charge émotionnelle considérable.
Nous pouvons sembler fonctionner normalement à l’extérieur, tout en nous sentant profondément épuisés à l’intérieur.
Et cette fatigue mérite d’être entendue.
Source : Santé publique France.
Pourquoi le contexte actuel peut-il autant nous affecter ?
Notre cerveau cherche naturellement à anticiper les événements pour nous permettre de nous adapter et de nous protéger.
Face à une menace immédiate, le stress peut être utile. Il mobilise notre organisme, augmente notre vigilance et nous aide à réagir.
Mais lorsque les inquiétudes sont nombreuses, répétées et difficiles à anticiper, ce mécanisme peut devenir épuisant.
Nous pouvons alors passer beaucoup de temps à imaginer ce qui pourrait arriver, à chercher des réponses ou à essayer de nous préparer à des situations sur lesquelles nous avons finalement peu de contrôle.
Le problème, c’est que notre corps peut réagir à certaines menaces anticipées comme si elles étaient déjà présentes.
La respiration devient plus courte, les muscles se contractent, le sommeil se fragilise. Nous pouvons ressentir une boule au ventre, des palpitations, une irritabilité inhabituelle ou des difficultés à nous concentrer.
Parfois, même lorsque nous sommes installés tranquillement chez nous, notre organisme semble rester en état d'alerte.
C’est ce que l’on peut rapprocher d’un état d’hypervigilance : une attention constamment tournée vers les dangers potentiels, qui laisse peu de place au repos et au sentiment de sécurité.
Les informations en continu et les notifications répétées peuvent entretenir cette vigilance. Sans nous en rendre compte, nous pouvons finir par consacrer une grande partie de notre énergie à surveiller ce qui se passe à l’extérieur, au détriment de ce qui se passe en nous.
Il ne s’agit pas de devenir indifférent au monde, ni de fermer les yeux sur les difficultés.
Il s’agit plutôt de reconnaître que nous avons aussi besoin de préserver notre équilibre émotionnel.
Nous ne pouvons pas tout anticiper. Nous ne pouvons pas tout contrôler. Et nous ne sommes pas obligés de porter toutes les inquiétudes du monde à chaque instant.
Le stress ne reste pas uniquement dans nos pensées
Dans mon approche de naturopathe et de praticienne en Technique Manuelle Cognitive (TMC), je porte une attention particulière aux liens entre le corps, les émotions et le vécu de chacun.
Nous avons parfois tendance à penser que le stress est avant tout mental. Nous nous disons que nous devrions relativiser, prendre sur nous ou arrêter de trop réfléchir.
Pourtant, le corps participe pleinement à notre expérience émotionnelle.
Une période difficile peut modifier notre respiration, notre posture, notre sommeil ou notre digestion. Nous pouvons serrer les mâchoires sans nous en apercevoir, contracter les épaules ou ressentir une fatigue qui ne semble pas disparaître, même après une nuit de repos.
Et parfois, nous avons beau savoir que tout va relativement bien autour de nous, nous n'arrivons pas à retrouver cette sensation intérieure d'apaisement.
Les recherches sur l’interoception, c’est-à-dire la manière dont le cerveau perçoit les informations provenant de l’intérieur du corps, contribuent à mieux comprendre ces interactions entre sensations corporelles et émotions.
Le corps et le cerveau communiquent en permanence. Nos sensations peuvent influencer notre état émotionnel, tout comme nos émotions peuvent modifier la façon dont nous percevons notre corps.
Cela ne signifie pas que chaque douleur, chaque tension ou chaque trouble du sommeil possède une origine émotionnelle. Les symptômes physiques peuvent avoir de nombreuses causes et doivent être considérés dans leur globalité.
Mais cela nous invite à ne pas négliger ce que notre organisme exprime lorsque nous traversons une période de stress prolongé.
La mémoire du corps : quand notre histoire laisse des traces
Il arrive que certaines personnes me disent : Je sais que cette période est derrière moi, mais je n’arrive pas à me détendre.
Cette phrase illustre bien la complexité de notre rapport au stress.
Nous ne vivons pas les événements uniquement avec notre pensée consciente. Nos expériences participent aussi à notre manière de percevoir les situations, d’anticiper les difficultés et de réagir à notre environnement.
Une période de grande insécurité, un épuisement professionnel, une séparation, un deuil ou une accumulation de responsabilités peuvent influencer durablement nos habitudes de vigilance et notre rapport au sentiment de sécurité.
C’est dans ce contexte que j’aime aborder la notion de mémoire du corps.
Sur le plan scientifique, il existe différentes formes de mémoire : la mémoire des événements, les apprentissages émotionnels, les réponses conditionnées et certaines adaptations biologiques de l’organisme. Les recherches sur le stress montrent notamment que des expériences répétées peuvent influencer nos réactions ultérieures.
En revanche, il est important de distinguer ces mécanismes de l’idée selon laquelle les tissus conserveraient littéralement des souvenirs émotionnels précis. Cette interprétation n’est pas démontrée scientifiquement.
Dans ma pratique, la mémoire du corps est avant tout une façon d'aborder notre capacité à être marqués par ce que nous vivons, parfois sans parvenir à mettre immédiatement des mots dessus.
Une sensation, une tension ou une réaction émotionnelle peut devenir un point de départ pour mieux comprendre ce que nous traversons, sans chercher systématiquement une explication cachée.
L’objectif n’est pas de tout analyser, ni de trouver à tout prix une cause à chaque manifestation physique.
C’est plutôt d’apprendre à écouter, à observer et à accueillir ce qui est présent, avec davantage de douceur envers soi-même.
Naturopathie et stress : retrouver des repères dans son quotidien
Face au stress ambiant, il n’est pas toujours possible de modifier les événements extérieurs. En revanche, nous pouvons essayer de recréer des espaces de récupération et de soutenir notre équilibre au quotidien.
En naturopathie, j’accorde une place importante aux habitudes de vie, à l’alimentation, au sommeil, au mouvement et à la qualité des temps de repos.
Il ne s’agit pas de suivre une routine parfaite ni de multiplier les compléments alimentaires pour tenter de ne plus rien ressentir. Il s’agit plutôt de revenir à des choses simples, accessibles et adaptées à notre réalité.
Quelques pistes peuvent être intéressantes :
-Retrouver une respiration plus calme. Prendre quelques minutes pour respirer tranquillement, sans forcer, en laissant l’expiration s’allonger légèrement si cela reste confortable. Cette pratique peut aider certaines personnes à diminuer leur sensation de tension.
-Préserver son sommeil. Maintenir des horaires relativement réguliers, s'accorder un temps de transition avant le coucher et limiter les informations anxiogènes en soirée peut favoriser un environnement plus propice au repos.
-Prendre du recul sur l’actualité. S’informer est important, mais consulter les nouvelles en permanence peut entretenir les ruminations. Choisir un ou deux moments dédiés à l’information plutôt que de regarder son téléphone à chaque pause peut permettre de retrouver un peu de disponibilité mentale.
-Soutenir son organisme par l’alimentation. Des repas suffisamment nourrissants, variés et réguliers contribuent à couvrir les besoins de l’organisme. Une consommation excessive de caféine peut accentuer les palpitations ou la nervosité chez certaines personnes : il peut être utile d’observer sa propre sensibilité.
-Remettre du mouvement dans ses journées. Marcher, s’étirer, jardiner ou pratiquer une activité physique adaptée permet de sortir momentanément du flot des pensées et de retrouver un contact avec ses sensations.
Enfin, il y a quelque chose que nous oublions souvent : nous avons le droit de nous reposer sans avoir tout terminé. Nous avons le droit de faire une pause, même lorsque le monde semble tourner trop vite.
Ces habitudes peuvent contribuer au bien-être, mais elles ne remplacent pas un accompagnement médical ou psychologique lorsque l’anxiété devient envahissante.
Apprendre à ne pas tout porter.
Nous vivons dans un monde qui nous sollicite constamment.
Il faudrait être informé, réactif, disponible, performant, attentif aux autres et capable de nous adapter à toutes les situations.
Dans ce contexte, prendre soin de soi peut parfois sembler secondaire, presque superflu.
Pourtant, reconnaître ses limites n’est pas une faiblesse. Ressentir de la peur face à l’incertitude n’est pas un manque de courage. Et avoir besoin d’aide ne signifie pas que nous ne sommes pas capables d’avancer.
Nous pouvons être préoccupés par l’avenir tout en continuant à apprécier les petits moments du présent.
Nous pouvons nous intéresser au monde sans nous exposer continuellement à ce qui nous inquiète.
Nous pouvons aussi accepter que certaines questions restent sans réponse immédiate.
Je crois profondément qu’il est important de retrouver cette possibilité de ralentir, de ressentir et de prendre soin de soi sans chercher à tout contrôler.
Il ne s’agit pas de faire disparaître toutes nos émotions, mais de leur redonner une place qui ne prenne pas toute la place.
Et parfois, le premier pas consiste simplement à reconnaître que nous sommes fatigués, que nous avons besoin de souffler et que nous n’avons pas à traverser cette période seuls.
Si les angoisses deviennent persistantes, perturbent le sommeil ou empêchent de vivre normalement, en parler à son médecin ou à un professionnel de la santé mentale est une démarche importante. Il existe des accompagnements adaptés, et il n’est pas nécessaire d’attendre d’être à bout pour demander de l’aide.
Prendre soin de soi avec la Naturopathie et la Technique Manuelle Cognitive ( TMC ) à Mourmelon-le-Grand et Ambonnay
Dans mon accompagnement en naturopathie et en Technique Manuelle Cognitive, je vous accueille avec une approche individualisée, attentive à votre vécu, à vos besoins et à votre rythme.
Si vous traversez une période de stress, de fatigue, de tensions corporelles ou de surcharge émotionnelle, nous pouvons prendre un temps pour faire le point sur votre situation et envisager les pistes d’accompagnement adaptées.
Je vous reçois à Mourmelon-le-Grand et à Ambonnay, et j’accueille également les personnes venant des environs de Reims, d’Épernay et de Châlons-en-Champagne.
Parfois, prendre soin de soi ne commence pas par une grande décision.
Cela commence par une pause.
Par une respiration.
Par le fait de s’autoriser à écouter ce que l’on ressent, sans jugement.
Parce que même lorsque nous ne pouvons pas changer le monde qui nous entoure, nous pouvons chercher, pas à pas, à retrouver un peu plus d’équilibre dans notre propre quotidien.



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