• Flavie B

La naissance d'Evan

Aujourd'hui nous célébrons les 1 mois de notre bébé.

Un mois depuis sa naissance, un mois pour commencer notre tissage, apprendre à se reconnaître et également nous reposer de cette folle aventure.

Ce Mois d'Or reposant, riche et ressourçant que je ne m'étais pas offert pour mon premier enfantement.

Ce Mois d'Or que toute les mamans devraient pouvoir vivre pleinement et sereinement.


Pour clôturer ce mois et poursuivre notre quatrième trimestre en douceur je partage avec vous le récit de naissance d'Evan et de notre famille.

Depuis que ma vision professionnelle et personnelle a changé et évolué sur la grossesse et les naissances, j'adore découvrir les récits de naissances.

Je les trouve uniques, riches et incroyablement puissant.

Pendant ma grossesse, j'aimais encore plus me plonger dans tous ces récits qui me montraient encore et encore, à chaque ligne, que chaque enfantement est unique.

Ecrire votre/vos récit(s) ( que vous les partagiez ou non ) peut-être un acte puissant et libérateur.

Il peut aider à guérir d'un accouchement difficile, revivre la toute puissance de son enfantement ou simplement garder ces souvenirs pour toujours.


Avec ce récit, je partage un peu de l'intimité de notre famille.

Cette naissance c'est la nôtre, unique, transcendante et intime mais j'aime à croire qu'elle pourra vous transmettre autant d'émotions que j'en ressens quand je lis tous ces récits de naissance.




L'EMBARCATION Cela fais maintenant plus de trois semaines que j'embarque dans ce magnifique vortex de la naissance. Trois semaines au cours desquelles les contractions ce sont intensifiées, mon col s’ouvrait petit à petit pour faciliter ton passage le jour où tu déciderai de naître . Je sens que mon corps travaille chaque jour pour préparer ta venue. Trois semaines où mes émotions étaient tellement ambivalentes. J'avais hâte de te rencontrer, de vivre à nouveau ce plongeon vers ce moment si important de nos Vies. Et puis l'envie de te garder encore au chaud, l’impression de ne pas avoir assez profiter de toi en moi. L'envie et le désir de pouvoir te protéger encore un peu du monde extérieur. L'envie et le désir de sentir ton petit corps chaud contre moi et sentir ton odeur afin de m'en imprégner pour toujours… Ah ! L'ambivalence de la grossesse et cette montagne russe d’émotions qui nous prend et nous aspire dans son tourbillon… Trois semaines d’attente et d’écoute de mon corps. À me demander chaque soir si tu allais venir à notre rencontre pendant la nuit, tout en sachant au plus profond de moi que ce n’était pas encore le moment. Alors on a profité de nos moments à trois, ton grand frère, ton papa et moi. On a rit, joué, chanté, fait des sorties à chaque moment où il était possible de le faire, pour profiter encore un peu de cette vie à trois ( et t'inviter à nous rejoindre par la même occasion ) On a continuer à préparer ta naissance, notre petit cocon à la maison, ton autel de naissance… Je m'amusais à dessiner des mantras, à préparer de bons petits plats et à imaginer encore et encore le déroulement de ta naissance ... Et puis l'on a continuer à s’aimer, à s’aimer fort et a imaginer ton arrivée ainsi que cette vie à 4 qui allait bientôt démarrer... Nous sommes samedi, il ne fait pas très chaud dehors puisque le soleil a décidé de se cacher depuis quelques semaines maintenant… Je me sens si bien avec toi logé au creux de moi et je décide enfin de lâcher prise sur ta venue. Il faut dire que ces dernières semaines de travail et de " faux départs " m'ont un peu impactées psychologiquement. Je suis assez fatiguée et à fleur de peau, tout un mélange d’émotions et d'humeurs se forme en moi. Heureusement, nous avons échangés avec Marion de Maison sous la Lune quelques jours auparavant. Elle nous a apporté beaucoup de bienveillance et surtout redonner confiance pour ta naissance... Aujourd’hui, on a décidé d'aller en forêt, ta mamie, ton grand frère et moi. Des jours que je n’y suis pas allée et elle me manque. Son énergie, sa beauté et l'effet si relaxant qu’elle me procure me manque et je sens, qu’aujourd’hui, j'en ai besoin. Après cette matinée ressourçante passée en si bonne compagnie, nous rentrons à la maison retrouver ton papa pour le repas. Les contractions sont fréquentes mais irrégulières, comme ces dernières semaines. Je continue donc à vivre cette belle journée sans trop m'en soucier. On file tous ensemble pour une sieste en famille quand, tout à coup, je réalise que nous sommes le 3 juillet et, donc demain, le 4. À vrai dire, la date à laquelle je pensais pour ton arrivée était déjà passée. Pourtant, le 4 juillet me parlait depuis un moment, j’aime bien cette date, ce chiffre, ce jour… et me dit que, peut être, cette fois tu arriverai bientôt dans mes bras… L'après-midi se passe, je joue un moment avec ton grand frère qui demande beaucoup d'attention ces derniers temps. Faut dire qu'il comprend et ressens si fort les choses depuis plusieurs mois. Il ne parle pas beaucoup de toi, pourtant, je suis certaine qu'il t'aime déjà..

LE VORTEX DE NOTRE NAISSANCE


En fin d'après-midi, je sens comme un regain d'énergie et décide d'aller dans le jardin avec Samuel pour jouer à chat et faire du trampoline.

Je file ensuite en cuisine préparer les cookies chocolat/betterave que j'aime tant et qui font rire mon grand avec leur couleur rouge et leur petit goût de betterave.

Les contractions sont un peu plus fréquentes que les autres jours mais pas régulières ni trop intenses .

Ce soir là, et pour la première fois depuis plusieurs semaines, je n'ai pas spécialement rangé la maison en prévision de la naissance.

J'ai préféré lâcher prise et profiter de la soirée après avoir couché Samuel.

Après avoir partagé mon ressenti sur la naissance à venir et mes états d'âmes du jour avec mon chéri, on décide de s'offrir une soirée câlins et massages.

La magie de l'ocytocine faisant effet, les contractions sont maintenant un peu plus rapprochées et plus intenses.

Je les souffle une à une et décide d'aller me faire une infusion de feuille de framboisier en grignotant quelques dattes.

Il se fait tard et nous sentons Fabrice et moi que c'est pour bientôt et que le travail a sûrement débuté pour de bon.

Avant d'aller ce coucher, on décide de préparer notre petit cocon dans le salon pour la naissance.

Fabrice installe l'alèse et les draps sur le canapé pendant que je termine de fixer au mur mes mantras et affiches faites par les femmes de mon entourage et par moi-même.

Ces mantras, si précieux pour moi et qui apportent chaleur et bienveillance à notre espace de naissance.

Je met en place mes objets sacrés et qui me tiennent à cœur sur la petit table basse qui fera office d'autel ( l'Oracle des naissance, ma bougie blanche, ma statue de maternage, mon collier fait par les femmes de mon entourage, le bouddha offert par ma maman, le livre des Mémos de l'accouchement...)

Je me sens bien et malgré l'excitation de la naissance que je sens proche, nous décidons d'aller nous reposer un moment.

Comme tous les soirs depuis un bon mois, je me couche sur le côté gauche en me lovant contre mon coussin d'allaitement pour inviter mon bébé à se placer correctement pour sa naissance.

Malgré les contractions assez intenses mais toujours irrégulières, je finis par fermer les yeux et rejoindre le pays des rêves.

Cette nuit là, je me suis réveillée toutes les heures.

La voix de Quantik Mama me revenait sans cesse : " si le travail commence la nuit, profiter de l'énergie de la nuit et dormez ! "

Et quel merveilleux conseil !

J'ai donc dormi par intermittence en me réveillant et me rendormant au rythme des contractions tout en m'offrant un peu de repos et un sommeil, mine de rien, de qualité.

Quel plaisir d'être au chaud dans son lit dans les bras de son mari en sachant que bébé est en chemin.

A 4h30, je sens que quelque chose se passe, une contraction qui me réveille et que j’accueille comme une douce vague, plus longue et plus intense que les précédentes.

Je me met à quatre pattes dans le lit et bouge instinctivement le bassin pour appeler mon bébé.

« Alors mon bébé, est-ce que tu a décidé de nous rejoindre ? «

Je reste quelques minutes dans cette position sur le lit en parlant à mon bébé et en l'invitant à prendre le chemin de sa naissance au rythme de mes mouvements de bassin.

Fabrice se réveille, il me regarde et il comprend.

Je sens l'excitation dans sa voix.

On décide de rester au lit un moment en calculant le rythme des contractions avec l'application sur téléphone.

Je reste un moment à quatre pattes et continue à bouger mon corps instinctivement.

J’envoie un texto aux femmes de mon entourage qui étaient là pour ma Blessing Way et qui m'apportent de si belles énergies chaque jour.

A cet instant, je suis si reconnaissante envers moi-même d'avoir tant évolué depuis la naissance de Samuel et de pouvoir ainsi nous offrir un enfantement en conscience et en pleine puissance.

J'apprécie le fait de pouvoir/vouloir rester à la maison avec autant d'assurance et de sérénité.

Au bout d'un moment, j'ai envie d'eau et de chaleur, je file me faire couler un bain en espérant que le bruit ne réveillera pas tout de suite mon aîné.

Malgré la faible intensité des contractions et le travail qui n'est, à mon sens, pas encore avancé, j'ai ce besoin de légèreté et de chaleur que m'apportera ce bain.

C'est avec le sourire aux lèvres que je me glisse dans l'eau chaude, elle m'englobe et m'enlace, m'offrant ainsi un cocon si apaisant...

Quel délice ce bain !

Je ne reste pas longtemps allongée, mon corps me guide et je préfère largement me mettre à quatre pattes et accroupie dans l'eau pour faire marcher la gravité.

Fabrice est assis à côté de la baignoire, on parle, on s'embrasse, on est heureux !

Vers 6h00, on décide de descendre dans notre petit cocon de naissance que nous avions installé au salon.

En descendant les escaliers, je croise les doigts afin de ne pas réveiller mon fils pour pouvoir rester encore un peu dans ma bulle.

Je fais une pause aux toilettes car j'ai une énorme envie d'aller à la selle.

Mon corps se vide, c'est bon signe !

J'arrive encore à parler et à bouger comme je le veux, je suis encore dans le moment présent.

Moi qui me voyait enfanter et profiter de l'énergie de la nuit, je suis un peu déstabilisée de voir autant de lumière dans le salon, on décide donc de fermer les volets.





Une fois le store baissé, je me sens complètement à l'aise dans mon cocon.

Les lampes de sel et les bougies apportent une douce lumière qui m'apaise, les mantras accrochés au mur me donnent de la force.

A cet instant d'ailleurs, je remercie mes amies et me remercie d'avoir pris le temps de dessiner et d'écrire ces si belles phrases qui vont m'aider à donner naissance.

Les contractions sont de plus en plus rapprochées et longues, je les accueillent avec joie, je sais qu'elles sont là pour me rapprocher de mon bébé.

Entre deux vagues, je termine de mettre mon autel en place avec ma bougie du rituel que j'allume enfin.

Je lance ma playlist de naissance que j'ai créer et remplie au fur et à mesure de ma grossesse.

J'en profite pour envoyer un dernier message aux filles :

« Je pense que bébé va naître un dimanche en journée ! Vous pouvez allumer vos bougies «

Que ce soit par la pensée, leur bougie ou bien encore le fil rose autour de mon poignet : je sais et je sens qu'elles sont avec moi !

Fabrice ramène le sac avec tout nos affaires pour le travail et la naissance afin de tout avoir à porter de main.

Fabrice, mon chéri, mon âme sœur …. je vois dans ces yeux à quel point il est heureux et excité.

Je le sens serein et confiant et c'est exactement ce dont nous avons besoin ( la sage-femme qui devait être présente avait un empêchement ce week-end là, c'était LE seul week-end où il ne fallait pas accoucher … c'est donc une collègue qui passera seulement après la naissance )

Nous en avions conscience, d'ailleurs, on c'était préparés à toutes les possibilités afin de vivre l'arrivée de bébé sereinement ( maternité, Aad ou Ana )

On a passé un deal pendant la grossesse avec Fabrice : le jour J, on se laisserai guider par nos instinct, mon instinct et on suivrai le mouvement selon le déroulement du travail, pas de pression de ce côté là.


Mon chéri est aux petits soins, il m'apporte de la tisane de framboisier, de la compote et des dattes pour mes envies de grignotages.

Je reste un bon moment assise sur mon ballon en fixant mon mur à mantras et en commençant à émettre des Om̐ pendant les contractions qui s'intensifient encore plus...

Je commence doucement à quitter le moment présent et à me laisser porter par les vagues si douces et intenses à la fois.

La musique me porte et m'enlace d'ondes positives. Elle m'apporte tellement de force et de courage, qu'elle joie de pouvoir être transportée de cette manière par de la musique !

Je suis dans un état d'entre deux, reliée à la réalité, à Fabrice qui me parle et m'encourage et pourtant je me sens ailleurs, comme déconnectée de mon environnement.

Il est environ 8h et je commence à avoir chaud, les vagues s’enchaînent une à une sans trop me laisser de pauses.

Pourtant j'essaie de profiter au maximum de ces pauses si salvatrices.

Je bois beaucoup d'eau et m'endors presque sur le rebord du canapé ou sur mon ballon entre deux vagues.

A chaque contraction, j’imagine mon col s'ouvrir un peu plus pour laisser passer mon bébé.

Mon chéri est là, pleinement présent, il est mon roc et aux petits soins.

Il me masse et appuie avec force sur mon sacrum pendant les contractions, quel soulagement !

Dans ces moments là, quand il me regarde dans les yeux, qu'il m'exprime tout son amour et qu'il me lance un : " Tu es entrain de le faire, tu donne naissance à notre bébé, tout va bien et tout est normal " , je ressens des vagues d'apaisement et de courage.

Et je retombe surtout amoureuse de lui encore et encore !

Je me rappelle et récite en boucle les mantras qui me font du bien pendant les contractions :

« Les femmes enfantent depuis la nuit des temps «

« Je n'ai pas peur, l'intensité est normale … «

« Des milliers de femmes enfantent en même temps que moi «

Je fixe la Sheela Na Gig affichée au mur.

Cette déesse de l'enfantement que j'ai découverte quelques mois auparavant et qui symbolise les origines de la Vie.

J'ai besoin d'air, on file donc faire un tour dans le jardin.

Le soleil brille et il fait déjà chaud mais l'air frais me fait du bien et m'apporte une bouffée d'oxygène dont je manquais.

J'accueille quelques contractions accoudée à l'érable que j'aime tant et lui demande de m'offrir un peu de force et d'énergie.

En rentrant, j'entend Samuel qui appelle pour nous informer qu'il est réveillé.

Fabrice reviens quelques minutes après avec lui.

Il comprend ce qui se passe mais qui n'y prête clairement pas grande attention !

Entre deux contractions ( courte pause ), je souffle à Samuel que bébé est entrain de naître, que maman a un peu mal mais que c'est normal et que tout va très bien.

Il reste un moment près de moi à sauter, jouer sur le canapé et imiter les sons graves qui sortent de ma bouche.

J'ai du mal à me concentrer et à lâcher prise avec mon grand à côté de moi.

A ma demande, Fabrice descend lui mettre un dessin animé avec un petit déjeuner et entreprend d'envoyer un message à ma maman qui doit venir le garder.

Je ne sais pas qu'elle heure il est quand je monte pour la deuxième fois au bain.

Je m’arrête en plein milieu des escaliers pour accueillir une contraction, elle est puissante et me fais sortir un son bien plus rauque que les précédents.

Elle est longue et intense mais je sais qu'après j'aurais un temps de calme pour me glisser dans la baignoire et accueillir la contraction suivante.

A peine le temps d'arriver en haut que je me fais submerger à nouveau par une vague longue et intense.

Inconsciemment, j'espérais que cet enfantement serait différent de celui de Samuel concernant les contractions mais apparemment mon corps souhaitai travailler de la même manière ( contractions longues et très peu de pauses entre chaque .. )

Quand j'arrive enfin à glisser mon corps dans le bain, l'eau chaude m'apporte à nouveau réconfort et apaisement immédiat.

Mais vraiment, quel bonheur cet eau chaude qui m'enveloppe !

Instinctivement, je reprend des positions pour aider bébé à descendre et prendre sa place.

Un coup à quatre pattes, un coup accroupie, une autre fois debout et penchée en avant sur le mur...

Ces positions me font du bien et m'aide à bouger le bassin pour guider bébé vers la sortie.

J'ai l'impression de partir dans une autre réalité, j'ai conscience de ce qui se passe sur le moment mais n'ai plus aucune notion du temps ni de mon environnement.

Je tente de toucher mon col pour me donner une idée de l'avancement du travail...

Je sens la poche des eaux bombée sous mes doigts et décide que je dois être à peu près à 4cm …

Ayant déjà travaillé les semaines avant la naissance et bien bougé depuis ce matin, je pensais être un peu plus avancée...

Je m'invite donc à lâcher un peu plus prise et à émettre des sons graves lors des contractions pour aider mon col à s'ouvrir.


Les pauses sont de plus en plus courtes et je le vis de moins en moins bien.

Pas facile de se recentrer quand les contractions reviennent aussi vite et durent aussi longtemps.

J'ai besoin de mon chéri à ce moment là mais je sais qu'il n'est pas disponible de suite.

Je m'imagine dans une forêt auprès d'un chêne et visualise toute une scène dans laquelle je me sens bien et apaisée.

Je reste dans le bain jusqu'à ce que l'eau soit froide, je n'ai pas le courage d'en sortir, je me sens si bien et pourtant j'ai l'impression que le travail avance moins bien comme cela.


Ma maman entre dans la salle de bain pour me parler et m'encourager.

Je sors un peu de ma bulle et de mon vortex pour pouvoir échanger avec elle ( d'ailleurs, tout le temps où elle me parlait les contractions ce sont calmées voir presque stoppées, la magie du corps ! )

Je prend simplement note qu'elle emmène Sam à l'aire de jeux et manger une barbe à papa ( me voilà rassurée de savoir qu'ils sont ensemble et vont bien s'amuser )

Mon grand vient me faire un bisou et file avec sa mamie pour la journée !


A partir de là, les vagues reviennent de plus belles !

J'ai besoin de Fabrice auprès de moi, il m'encourage, me caresse le dos et me répète encore et encore que tout va bien et que tout est normal ( j'ai un grand besoin d'entendre que tout est normal à ce moment là )

Je décide de sortir du bain froid et de filer un moment sous la douche pour recevoir de l'eau chaude sur les reins...

Mais à part de l'eau froide je ne reçoit rien ( mince, je crois que j'ai utilisé toute l'eau chaude!)

On retourne en bas au salon dans notre petit cocon.

Fabrice reste tout le temps près de moi et c'est exactement ce dont j'ai besoin, je ne veux pas qu'il parte.

On prend une photo tous les deux, pour se souvenir de ces moments et de ce que l'on fait ensemble en ce moment même.

J'alterne les positions selon mes envies et mes besoins : un coup assise sur le ballon, accoudé sur le ballon, accroupie en me tenant à Fabrice grâce à l'écharpe de portage ….

J'essaie de garder des positions de gravité tout en ayant de plus en plus de mal à bouger comme je le souhaite à cause de l'intensité des contractions.

Soudain ,une envie de vomir me prend, Fabrice à tout juste le temps de me glisser un saladier …

Mon corps vient de se délester du peu d'aliments et de liquide que j'avais avaler depuis hier soir... il fait de la place et c'est une bonne chose.

Je suis maintenant dans une autre réalité, la musique de ma playlist me paraît lointaine et je me raccroche uniquement à la voix de mon amoureux qui me répète qu'il m'aime et que tout va bien avec tant de douceur et d'assurance.


Malgré tout le travail fait depuis mon réveil, j'ai l'impression que ça n'avance pas.

Je me risque à regarder l'heure sur mon téléphone : midi.

Les pauses sont de plus en plus courtes à comparer des contractions, qui elles, se rallongent et s'intensifient.

A partir de ce moment là, je commence à perdre pied, l'intensité est trop forte et mes pauses ne me permettent pas de me recentrer et de m'apaiser avant la prochaine contraction.

J'essaie tant bien que mal de me concentrer sur les sons que j’émets et me force à retourner vers le mantra Om̐ quand je pars dans tous les sens.

Tout se floute autour de moi et je commence à perdre pied, à croire que je n'y arriverai peut-être pas.

Pas comme ça, pas aujourd'hui, pas seule à la maison...

Fabrice me prend dans ses bras et m'inonde de mots doux et rassurants ( il me dira d'ailleurs que je suis entrain de vivre mon sommet du vortex )

Pourtant je n'ai pas l'impression que bébé est proche ni même que mon col soit encore bien ouvert.

Je tente une deuxième fois depuis le début d'aller vérifier mon col.

La poche est toujours là, bien bombé et appuyant sans nul doute sur le col à chaque contraction.

Puis, j'arrive enfin à mesurer mon col, instinctivement je dirais : 6-7....

L'intensité est de plus en plus forte et je n'arrive plus à me canaliser.

Je hurle et pousse des râles que je ne me croyais pas capable de pouvoir émettre !

Dans un moment de courte pause, je dis à mon chéri que j'ai besoin d'être rassurée et de savoir que mon bébé va bien et supporte bien les contractions.

J’aimerais tellement que notre sage-femme soit là ou n'importe quelle femme qui pourrait simplement me dire que tout va bien, que c'est normal et que mon bébé va bien.

D'un commun accord, on décide de partir à la maternité pour accueillir notre bébé.

Le temps entre cette décision et l'arrivée à la maternité m'a paru interminable.

Une fois dans la voiture, je me fais violence pour utiliser mes courtes pauses pour me recentrer et visualiser mon lieu sécuritaire qui m'apaise encore un peu.

Je ne fais pas attention à ce qui se passe autour de moi même si chaque petit trou ou bosse sur la route me font affront !

D'ailleurs, j'ai supplié plusieurs fois Fabrice de rouler moins vite et de faire attention alors qu'il étais déjà en dessous de la limitation de vitesse....

On appelle la maternité en leur annonçant qu'on arrive, qu'ils ont notre projet de naissance et qu'on souhaite s'installer dans la salle nature.

Nous arrivons sur place vers 13h30 et nous montons, non sans peine, jusqu'à la maternité en s'arrêtant plusieurs fois dans les couloirs.

Malgré le fait d'être dans un environnement différent et plus hostile qu'à la maison, je ne change en rien mon comportement ( et mes besoins ) et continue de prendre les postures qui me soulagent et d'émettre des sons plus ou moins puissants.

Je me love dans les bras de mon partenaire à la recherche de réconfort, qu'il est fort et qu'il sent bon !

La notion de temps, à ce moment là, me paraît tellement superflue.


On nous emmène en salle de travail le temps de vérifier notre projet et nos papiers.

Et là …..

Et là, l'Univers m'a envoyé exactement ce dont j'avais besoin.

Une merveilleuse sage-femme qui m'a regardé droit dans les yeux, en me caressant légèrement le bras et en me disant : "c'est merveilleux ce que vous faites, vous travailler super bien et tout va bien et votre bébé va très bien "

Après lui avoir répondu par un sourire plus que sincère, je me suis intérieurement dit que cette femme était une femme-sage, et ce, depuis plusieurs vies déjà !

Il ne pouvait pas en être autrement !

Une autre sage-femme nous rejoins, très douce et discrète également.

Elle me demande si je souhaite savoir où en est le travail, j'approuve : 7 !

On nous annonce qu'elles ont bien relu notre projet et que l'on peut aller directement en salle nature.


Une fois installée, je sens que les contractions sont de nouveau efficace et que mon bébé avance un peu plus pour nous rejoindre.

Pendant que je roule et bouge sur le ballon avec le monitoring, on me fait couler un bain.

Je n'arrive plus vraiment à ouvrir les yeux ni à parler, je m'enfuis dans mon lieu sécuritaire et m'enferme tant bien que mal dans ma bulle de cocon à chaque contraction.

Pourtant, la douleur ( je me suis mise à utiliser ce mot au même moment ) est bien présente et difficilement gérable....

On nous confirme que bébé va bien, qu'il supporte très bien les contractions, ce qui m'apporte de la réassurance ( et à Fabrice aussi je le suppose )


Je me glisse enfin dans cette grande baignoire remplie d'eau chaude.

Encore une fois, un vrai délice de pouvoir plonger mon corps et me sentir portée et bercée par l'eau.

Ce moment suspendu me permet de me recentrer un peu et de gérer un peu mieux la douleur même si je n'ai toujours que quelques secondes de pause entre chaque vague.

Fab a besoin de repartir à la voiture pour chercher des affaires pour la naissance, il me lâche la main.

Cette main qui me soutient et m'apporte du réconfort depuis un moment...

Cette main que je vais regretter d'avoir laisser partir quelques minutes plus tard lorsque qu'une contraction me coupe quasiment le souffle.

Je désespère, je l’appelle et le cherche en lui disant que j'ai besoin de lui et de ne pas me laisser...

Une main vient prendre délicatement la mienne tandis qu'une autre me caresse le dos, c'est Claire, ma sage-femme / femme- sage.

Je ne sais plus ce qu'elle me susurre à l'oreille à ce moment là avec sa voix si douce mais je sais qu'elle m'a apaisé et m'a aidé à passer les vagues jusqu'à ce que Fabrice revienne.

Malgré tout, je me retrouve prise dans le flot des vagues et n'arrive plus à me recentrer, je perd complètement pied.

Tout en sortant du bain et en bougeant le bassin, je supplie qu'on me soulage et que ça se termine.

On me propose un gaz pour me détendre que j'accepte mais que je garderai seulement quelques minutes puisqu'il m'est impossible de respirer pendant les contractions, mes cris ( oui, à ce stade là, j'en suis à crier du plus profond de mes entrailles ) m'empêchant d'inspirer correctement dans le masque.

Je décide de m'installer sur le lit en me mettant accroupie et accoudée au dossier afin d'aider mon bébé ( je n'aurais d'ailleurs pris que des positions de gravité pendant tout l'enfantement )

Je sens qu'il est là, tout près.

Je lui parle, je l'encourage et l'appelle : « viens mon bébé, oui aller viens, on le fait ! «

Mon corps transpire, s'ouvre et vit pleinement et intensément cette naissance.

Je me sens forte, puissante et animale, le regard des autres n'a absolument aucune importance à mes yeux.

A ma demande, mon chéri demande à Claire de regarder où j'en suis : 9 !

En me retournant pour m'asseoir et ainsi soulager un peu mes jambes qui nous portent depuis plusieurs heures, une contraction me fait pousser un cri si intense que je me rappelle m'être demander si je n'allais pas réveiller toute la maternité !

PLAF !

La poche des eaux vient de rompre, un liquide chaud me glisse sur le jambes avec intensité.

Ca y est, je sais que notre bébé est là et qu'il sera bientôt dans mes bras.

Mon partenaire est toujours là , tel un roc qui me supporte et me soutien à chaque instant.

Les sages-femmes sont présentes également avec douceur et bienveillance, sans se montrer trop intrusive et j'aime ça.

Pourtant, les vagues d'après, plus puissantes encore, me coupent le souffle et me font perdre le peu d'ancrage que j'avais jusqu'à présent.

Je souhaite enfanter dans ma puissance et ne pas avoir recours à la péridurale, pourtant, quelques minutes plus tard, je demande la péridurale en toute CONSCIENCE.

Fabrice lui demande le plus petit dosage comme nous le souhaitions si jamais cela se passait de cette manière.


Le temps avant que l'anesthésiste arrive m'a paru encore une fois interminable, je ne gérais plus rien et tout ce que je souhaitais c'était de pouvoir quitter mon corps...

Pendant la pose de la péridurale, je suis allée à la rencontre de mon bébé pour l'appeler et le rassurer.

A peine quelques minutes plus tard, je sens que mon corps pousse, j'ai cette envie irrépressible de pousser qui arrive.

Instinctivement je me met à quatre pattes, j'ai besoin d'être dans cette position.

Chouette, l'anesthésie me permet de pouvoir bouger et ressentir mon bébé et cette envie si folle et douce de pousser ce petit Être vers le monde.

La douleur est encore intense mais beaucoup plus gérable qu'auparavant, ce qui me permet enfin de me recentrer et me concentrer sur la naissance de notre enfant.


Mon corps sait, il pousse instinctivement sans que je n'ai besoin de faire d’effort, quel magie !

En glissant ma main sur mon vagin, je touche enfin la petite tête tout chaude et chevelue de mon bébé.

Fabrice en profite également pour dire bonjour à notre enfant et vivre ce moment si précieux avec moi.

" Oh mon bébé, tu es là, je te sens ! "

Je ressens une brûlure plus intense et quelques secondes plus tard, mon corps pousse une deuxième fois mon bébé hors de moi si naturellement et avec douceur.

Je l’attrape et le passe entre mes jambes pour le poser sur le lit, j'ai besoin d'un moment pour revenir à la réalité.

Le cocktail d'hormone fait son effet et j'oscille entre bonheur ultime, amour fou pour mon bébé et mon amoureux et puissance !

Quelques secondes plus tard, j’attrape mon bébé pour serrer son corps si chaud contre moi.

Fabrice nous enlace et nous embrasse, je ressens son bonheur et son amour comme une bulle d'énergie qui nous entourent.

Les sages-femmes sont en retrait afin de laisser ce moment hors du temps rien qu'à notre famille.

Enfin redescendu de mon vortex, je découvre le sexe de bébé.

Nous l’appellerons donc Evan.

Le cordon bat encore, il ne sera coupé que 15 minutes plus tard à notre demande , une fois qu'Evan aura reçu tout son sang et ses cellules souches.

Pendant que bébé s'accroche au sein pour sa première tétée, mon chéri montre aux sages-femmes comment faire l’empreinte du placenta ( fierté absolue envers mon mec à ce moment là ! )

Ce précieux placenta, qui sera mis de côté au congélateur jusqu'à ce qu'on le ramène à la maison.

C'est comme cela que notre famille s'est agrandit et que mon cœur a explosé d'amour.

Ainsi commence notre tissage.

Ce tissage qui durera toute la vie et toutes celles qui suivront.....